Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854
KAMTCHATKA. 525 celui de sa mort? Aussitôt que le jeune chien commence avoir clair, on le jette dans une fosse obscure où il demeure jusqu ’ à ce qu ’ il soit assez vigoureux pour être mis à l ’ essai. Alors on l ’ atlèle avec d ’ autres chiens déjà dressés ; après cette première épreuve, on le renferme de nouveau dans une fosse obscure d’ où on ne le retire que pour lui faire subir de nouvelles épreuves, et cela jus qu ’ à ce que son éducation soit terminée ; les coups de fouets lui sont en tout temps beaucoup moins épargnés, on le pense bien, que la nourriture qui ne lui est jamais distribuée qu ’ avec beaucoup de parcimonie; car, de peur de rendre les chiens moins légers à la course, ou les laisse toujours affamés. Les traîneaux auxquels les Kamtchadales attèlent leurs chiens diffèrent aussi, sous quelques rapports, de ceux dont on se sert dans toute la Sibérie du Nord. Ils se composent de deux mor ceaux de bois recourbés, et l ’ on a soin de choisir à cet effet un morceau de bouleau qui ait cette forme. On sépare ce bT>is en deux parts, et on les attache ensemble à la distance d ’ environ quarante centimètres, par le moyen de quatre traverses. Vers le milieu de ce châssis s ’ élèvent quatre montants, sur lesquels on établit le siège, qui est lui-même un vrai châssis d ’ un mètre de long sur un demi-mètre de large. Il est fait de perches légères et suspendu par des courroies. Pour rendre le traîneau plus so lide, on attache encore sur le devant un bâton qui tient par une extrémité à la première traverse et par l ’ autre au châssis qui forme le siège. Les chiens sont attelés à ce traîneau par un collier formé de deux bandes de cuir de renne ou de veau marin, auquel sont attachés des traits qui passent entre les jambes de devant, puis se réunissent sur les épaules où elles se relient à une forte courroie fixée au traîneau. Le Kamtchadale conduit son atte lage comme nous avons déjà vu que les Sibériens conduisent les leurs, avec un bâton crochu de trois pieds, garni de grelots qu ’ il secoue pour animer les chiens, criant onga s ’ il veut aller à gau-
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