Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

SIBÉRIE. 467 des , il n ’ existe point d ’ habitations rapprochées , de travaux communs ni de secours mutuels. Les Vogouls, à vrai dire, ne forment point un peuple , mais seulement des familles isolées. Viennent ensuite les Samoyèdes, race d ’ hommes qui occupe une partie de la Russie d ’ Europe jusque dans le gouvernement d ’ Arkhangel, en suivant les côtes de la mer Glaciale, mais qui s ’ est surtout étendue dans la Sibérie, toujours en se rapprochant de la mer. Quelques hordes de Samoyèdes ont cependant pénétré jusque dans l ’ intérieur des terres, et ont subi, en se mêlant avec les anciens habitants, des modifications telles qu ’ on les consi ­ dère aujourd ’ hui comme des peuples distincts, telles sont les peu ­ plades connues sous les noms de : Alators, Kaïbal, Kamaches, Karagates et Sagotes. Toutes ont beaucoup de ressemblance avec les Samoyèdes, dont elles ont conservé les habitudes et la langue, mais en les altérant néanmoins sous plusieurs rapports. La race primitive des Samoyèdes a souvent été assimilée aux Lapons, quoiqu ’ elle en diffère cependant d ’ une manière notable, tant par la taille que par la figure ; les Samoyèdes sont plus grands et moins laids que les Lapons, et il y aurait même chez eux quelques jolies femmes, si leur accoutrement n ’ était pas si ridicule et leur saleté si repoussante. Le même reproche de malpropreté dégoûtante peut, du reste, être adressé à la plupart des peuplades dont nous venons de parler, et c ’ est pour cette raison sans doute que Pallas s ’ est obstiné à trouver l ’ étymologie du nom des Toungouses dans un mot mongol qui signifie sanglier ou cochon, et il faut reconnaître que si cette étymologie est peu vraisemblable, scientifiquement parlant, elle se trouve, d ’ un autre côté, pleinement justifiée par les habitudes de saleté que ces sauvages ont contractées. Quant aux Tatars, bien que l ’ empire fondé par eux en Sibérie n ’ y ait pas subsisté longtemps, ils n ’ en sont pas moins demeurés en grand nombre sur la terre conquise par leurs ancêtres. Plu ­ sieurs peuplades de ces Tatars ou Turcs sont, en effet, répan-

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