Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

4(>8 VOYAGE EN RUSSIE. dues dans la partie méridionale des gouvernements de Tobolsk, de Tomsk et d ’ Iennisseïsk; les plus reculés vers l ’ est sont les Biriouzes, les Katchinzi et les Beltyres. Ces trois dernières tribus, plus ou moins mélangées au sang mongolique, demeurent aux environs d ’ Abakan, rivière qui se jette dans le haut Ienisseï. Ces peuplades tatares, qui ne sont ni plus intelligentes, ni plus civilisées que les peuplades d ’ origine différente dont nous avons déjà parlé, font en général de la chasse leur principale occupation; quelques-unes d ’ entre elles cependant élèvent des chevaux et des bœufs, et cultivent du millet et un peu de fro ­ ment. La religion prédominante chez ces barbares est un reste de mahométisme mêlé de beaucoup de chamanisme. On trouve parmi eux des magiciens assez adroits, dont le costume ressemble à l ’ habillement français. Deux peuplades tatares sont chrétiennes, ce sont celles de Tom et de Tchoulym, habitant le bord des deux rivières dont elles ont pris le nom ; elles ont été converties au christianisme par l ’ archevêque Philopheï. La dernière des grandes races dont il nous reste à parler est la race mongolique, dont quelques tribus vivent en Sibérie sous la domination des Russes. Les Mongols de Sibérie portent le nom de Bouriaites ou Bourètes Barga-Rouratt. Ils ont peuplé presque toute la province d ’ irkoutsk et celle de Nertchinsk. Leur nombre ne s ’ élève pas à moins de soixante-quinze mille individus mâles. Semblables aux Kalmouks par les traits du visage, ils manquent en général de force et de vigueur, et, quoique peu su ­ jets aux maladies, ils arrivent rarement à un âge avancé. Leur religion est un mélange de superstitions bizarres, dans lequel le chamanisme joue le rôle le plus important. Nous avons terminé la nomenclature des principales peuplades que renferme la Sibérie ; il en existe cependant encore un grand nombre d ’ autres sur le sol de cette immense contrée, mais ce ne sont toutes que des peuplades secondaires, se rattachant plus ou

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