Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

SIBÉRIE. 461 depuis la crête du moût Oural jusqu ’ au bassin du Ienisseï. Mais sa vaste puissance ne devait pas le sauver, et après quelques enga ­ gements partiels avec Yermak, il fut vaincu dans une grande bataille dont le succès fraya la route au vainqueur jusqu ’ à l ’ embouchure du Tobol. Une seconde victoire remportée par Yermak le rendit maître des rives de l ’ Oby et du Tobol ; la capitale de l ’ empire tatar, Sibir, ouvrit ses portes au brave Cosaque. Après y avoir pris ses quartiers d ’ hiver, Yermak, dès que la saison le permit, se porta en avant jusqu ’ au campement des Ostiaks et des Vogouls de la Konda ; quelques autres succès signa ­ lèrent encore ses armes. Mais les fatigues, la disette et les maladies avaient, plus encore que les champs de bataille, affaibli son armée au point qu ’ il ne lui restait plus que cinq cents hommes. La posi ­ tion était éminemment critique, Coutchoum-Khan, le monarque vaincu, cherchait à se former une nouvelle armée, le Cosaque ne pouvait recruter la sienne qu ’ en Europe. Dans cette position péril ­ leuse, le héros prit une résolution qui prouve combien il connaissait les hommes ; il envoya à Moscou un de ses officiers chargé de solliciter du tsar le pardon de son général et de lui faire hommage des pays conquis, en l ’ engageant à faire passer dans ces nouvelles possessions les forces nécessaires pour les conserver. Ivan n ’ a ­ vait pas oublié la rébellion des Cosaques, mais il était trop habile politique pour laisser échapper l ’ occasion d ’ étendre sa domination; il accorda tout ce qui lui était demandé, et l ’ envoyé revint en Sibérie accompagné d ’ une troupe de strélitz bien pourvue d ’ armes. Mais quand ces renforts arrivèrent, ils ne trouvèrent plus le héros. Pendant l ’ absence de son envoyé, Yermak avait appris que son adversaire, qui tenait la campagne, empêchait les marchands de la Boukharie de se rendre à Sibir pour y échanger contre des pelle ­ teries les produits de l ’ Orient, et furieux de l ’ audace de celui qu ’ il avait tant de fois vaincu, il avait marché à sa recherche pour le vaincre une fois encore, malgré la supériorité numérique de ses troupes. Mais n ’ ayant pu rencontrer son adversaire, le Cosaque

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