Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854
460 VOYAGE EN RUSSIE. le vaste empire qui devait prendre un peu plus tard le nom de Sibérie, de la ville de Sibir, qui fut bâtie par Mahmet, un de ses successeurs, à quatre lieues de Tobolsk, sur les rives du fleuve Tobol . Quoi qu ’ il en soit de ces données peu authentiques, toujours est- il que cet empire ne fut pas de longue durée, et que ce fut un Cosaque rebelle, parti des bords du Don, qui entraîna la chute de ce trône éphémère sans pouvoir y monter lui-mème. En 1577, le tsar de Russie, Ivan Vassilévitch , ce prince auquel 1 histoire a conservé le nom de Terrible, fatigué du bri gandage et des pirateries que les Cosaques du Don exerçaient tant sur les rives de ce fleuve que sur celles du Volga et même jusque sur les bords de la mer Caspienne, entreprit de châtier cette milice indisciplinée et d ’ arrêter ses désordres : la révolte fut générale chez les Cosaques; il fallut combattre, et les rebelles furent vain cus. Mais parmi ces chefs se trouvait un homme à l ’ âme vigou reusement trempée, un de ces héros à la manière des Brennus gaulois, qui chassés de leur patrie allaient ailleurs en conquérir une nouvelle. Cet homme, capable des plus grandes entreprises et des plus fermes résolutions, était Yermak Timopheïtch (fils de limothée). Rassemblant les débris des insurgés, ce proscrit, en quête d ’ une patrie pour lui et ses compagnons d ’ infortune, re monta le Volga jusqu ’ à l ’ embouchure de la Cama et fut bien accueilli par les Permiens. Chemin faisant, il avait recueilli des notions importantes sur la Sibérie, et, quoique les pays réunis sous cette dénomination générale ne fussent guère alors que la moitié de ceux que l ’ on y a compris depuis, il pensa qu ’ il pourrait y réaliser les desseins qu ’ il avait formés. Poursuivant donc sa route, il s ’ embarqua avec sa petite armée sur la rivière de Tchoussavaïa, qui le porta sur le revers occidental du mont Oural, puis franchis sant ces montagnes à la tête de six mille hommes déterminés, il tomba comme la foudre dans l ’ empire de Touran. Coutchoum-Kban régnait alors en paix sur ces provinces et sa domination s ’ étendait
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