Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

KJ EF F. 443 XIV KIEFF. * ' ' ' ■ Aspect de Kieff avant la conquête mongole. — Dessin général de cette ville. — La laure du monastère de Pétchersk. — Sa fondation. — Catacombes. — Cathédrale de Sainte- Sophie. — Tombeau de Yaroslaff. — Les Portes d ’ Or. — Liçaïa-Gora. — Traditions che ­ valeresques. — Départ. Déjà la ville de Kieff, au temps de la conquête mongole, offrait une grande magnificence architecturale. Mangou , petit-fils de Tchinguis-Khan, qui avait été envoyé pour explorer le pays, vit cette cité posée fièrement sur la montagne qui borde son fleuve, et fut frappé, dit l ’ annaliste, de son aspect à la fois pitto ­ resque et grandiose. La ville s ’ élevait en effet sur la rive escar ­ pée du Dniéper, dressant dans les airs ses coupoles dorées, qu ’ on voyait étinceler à travers la verdure de ses jardins. De fortes et blanches murailles lui formaient une redoutable ceinture, et ses tours menaçantes, chef-d ’ œuvre des artistes byzantins aux jours fortunés d ’ Yaroslaff le Grand, achevaient de la rendre formidable. Tout cela devait frapper d ’ étonnement les barbares. Voilà donc la ville de la foi moscovite; le berceau de sa puis ­ sance; l ’ ancienne capitale de Vladimir le Grand; le fleuve où il conduisit des peuples au baptême. Voilà sa grande laure, son célèbre monastère de Pétchersk... Sous ces murs élevés, sous ces fiers remparts, dans les entrailles de cette montagne au sommet de laquelle se mêlent si pittoresquement les signes de la guerre et ceux de la religion, les coupoles et les tours, les croix et les cré- naux, les vitraux coloriés des églises et les meurtrières étroites de la forteresse, sous ces murs élevés, dis-je, sont les catacombes sacrées de cette Rome moscovite , mais non point, comme celles de la Rome latine , muettes et vides, où les curieux effrayés n ’ en ­ tendent que l ’ écho funèbre subitement réveillé par leurs pas;

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