Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854
LE CALCASE. 379 Le Tcherkesse qui n ’ avait rien dit fit un signe d ’ impatience et prononça vivement une phrase en circassien. — Pourquoi, reprit l ’ autre, ne pas régler cette affaire entre vous et ici même? Vos témoins vous accompagneront demain sur le lieu du combat, et cela doit suffire. Vous avez fait la guerre de nos montagnes, et l ’ usage du kangiar doit vous être familier; cette arme avec le sabre serait au mieux, — . Je doute que mes seconds acceptent ce mode de combat ; le poignard n ’ entre pas dans nos mœurs militaires, dont vous par liez tout à l ’ heure, et le sabre lui-même est rarement usité dans nos rencontres. Je vous parlerais bien de l ’ épée, mais c ’ est une arme étrangère à votre nation. 11 ne nous reste donc que le pistolet. — Pardon, monsieur le comte, mais c ’ est que mon camarade aurait une incroyable joie à fouiller dans votre poitrine avec la lame de son poignard d ’ Erzeroum. André s ’ inclina en souriant devant son étrange adversaire. — Je n ’ en doute pas, répondit-il, cependant le prince me permettra de ne pas pousser la complaisance jusqu ’ à me prêter à ce désir quelque peu exagéré... Que votre ami choisisse entre le sabre et le pistolet. — Eh bien donc, le pistolet, à cheval, et puis le sabre, s ’ il en est ensuite besoin. C ’ est parfait. Mais vous savez sans doute qu ’ une rencontre de cette nature exige ici certaines mesures de prudence, car l ’ em pereur à cet égard est inexorable. Donc, si vous voulez bien, nous nous trouverons demain, au petit jour, à la pointe de l ’ île Krestofky 1 , d ’ où nos traîneaux nous transporteront dans le bois qui borde le golfe, — A merveille. . — C ’ est donc entendu; à l ’ extrémité de Krestofky, au petit jour. 1 Voyez p. 51.
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