Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854
374 VOYAGE EN RUSSIE. — Quels préparatifs dois-je faire? — Avez-vous un bon fusil de chasse à deux coups? — J ’ ai une paire de pistolets. — Cela ne suffit pas. Je vous prêterai un fusil des montagnes, quelque chose de parfait, léger, à petit calibre, et deux cents pas de portée; je vous le ferai essayer demain. — Merci. Le même soir, il fut beaucoup question des Tcherkesses, et je ne sais qui se mit à parler des anciennes campagnes d ’ André. — Messieurs, leur dit-il, vous savez que je n ’ aime pas qu ’ il soit question de ce que j ’ ai fait... 11 n ’ est personne de vous ici qui n ’ en fasse ou qui n ’ en fît autant au besoin. — Nous voulons bien nous taire sur tes prouesses contre les montagnards, mon cher André, dit alors un des jeunes gens, un parent du capitaine, mais alors raconte à ces messieurs ton duel avec les deux Circassiens... — Oui, ce duel ! ce duel! firent tous les autres. — Messieurs, de grâce... — Si cela te répugne, laisse-moi le raconter à ta place.... tu permets... Messieurs, André me permet de prendre la parole pour lui... André comprit qu ’ il aurait mauvaise grâce de s ’ opposer à ce récit. — Puisque ces messieurs le veulent absolument, parle, Nicolas, mais pendant ce temps j ’ irai fumer ma pipe à l ’ air; la soirée est magnifique. Et le jeune homme sortit. Alors Nicolas commença : — C ’ était à Saint-Pétersbourg, par une matinée du mois de décembre. André nous avait donné à déjeuner; nous étions cinq ou six officiers, et fumions dans son cabinet, en prenant le café, exactement comme nous faisons ici en ce moment, lorsque son valet de chambre vint l ’ avertir que deux officiers tcherkesses
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