Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

LE CAUCASE. 263 « Au milieu des steppes du Don, la route, non pierrée et re ­ couverte d ’ herbe comme la plaine, ne se reconnaît que par les po ­ teaux plantés de verste en verste pour indiquer la distance, et rien n ’ est plus facile que de la quitter et de se jeter dans les steppes, dont rien ne la distingue. Une nuit je fus réveillé par le contraste du silence qui avait subitement succédé au roulement de la voi ­ ture, et j ’ entendis un colloque animé établi entre notre postillon, habitué pourtant à traverser les steppes, et un Cosaque à cheval qui nous avait été donné pour éclairer notre route, à travers l ’ uni ­ formité de ces déserts. La lune ne brillait pas au ciel, mais le fir ­ mament était pur et étoilé. Or le dialogue animé de nos deux guides m ’ apprit que nous étions égarés dans les steppes, car il avait pour objet de savoir s ’ il fallait prendre à gauche ou à droite d ’ unè étoile qui leur servait de phare conducteur. » Puisque j ’ y suis, je cite encore une page du journal de mon ami, d ’ autant plus que mon itinéraire ne me conduira point aux lieux dont il parle : « Novoï-Tcherkask est tout au plus un grand bourg, composé de petites maisons à un étage, au sommet d ’ un plateau exposé à toutes les ardeurs d ’ un climat tropical, sans abri, sansverdure, sans eau, à trente verstesduDon, tandis que les rives de ce fleuve offrent des situations parfaitement convenables à l'emplacement d ’ une ville *. Les habitants sont généralement grands et beaux, surtout les femmes. Ils sont affables, hospitaliers, et d ’ un caractère vif et enjoué. Leurs habitudes et leur existence toute militaire donnent à leurs personnes, à leurs habitations, un aspect d ’ ordre et de pro ­ preté qu ’ on rencontre moins souvent dans les autres provinces de l ’ empire. 1 L ’ auteur de ces fragments a oublié que Tcherkask, l ’ ancien chef-lieu des terres des Cosaques du Don, bâti sur les bords de ce fleuve, se trouve soumis à ses inonda ­ tions annuelles, dont cette ville a beaucoup à souffrir, et qu ’ on n ’ a construit le nou ­ veau Tcherkask sur ce plateau que pour le mettre à l ’ abri de ces inondations. D ’ ail ­ leurs la ville s ’ élève sur la rive droite de l ’ Aksaï, qui ne tardera pas de la mettre en communication directe avec le Don, si déjà cela n ’ est pas fait. (Note de l ’ auteur.)

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