Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854
360 VOYAGE EN RUSSIE. Tant que dura le service, les fidèles, rangés en deux files aux deux côtés de l ’ église et en face les uns des autres, se tenaient à genoux ayant chacun devant eux une espèce de tambour sur lequel a ils frappaient avec une force qui devait probablement servir de mesure à leur piété. Ils faisaient un tintamarre monotone et as sourdissant ; ce qui devait être fort agréable aux oreilles de l ’ idole. Je ne pouvais me rassasier de ce spectacle, qui m ’ avait trans porté au fond du Thibet et réalisait à mes yeux un de ces récits des vieux voyageurs qui, semblables à quelque merveilleuse lé gende, jettent notre esprit dans l ’ empire des chimères. Je, viens de dire que j ’ avais pénétré dans ce temple sous les auspices d ’ un officier du corps régulier de Kalmouks. Ce corps fut créé lors de l ’ invasion française de 1812, et se rendit célèbre sous le commandement du prince Tioumen, qui le conduisit vaillam ment contre nos soldats. Voici leur costume : une tunique blanche, serrée à la taille par j un ceinturon jaune, et un large pantalon de même nuance avec un passe-poil de la couleur du ceinturon ; la coiffure est un bonnet carré jaune, bordé de fourrure. — Ces figures kalmoukes sous ce bonnet étrange , avec cet uniforme européen, ont l ’ air réellement martial et sont légèrement effrayantes. La prise d ’ Astrakhan par Jean IV date de 1554 ; mais il ne fau drait pas croire que l ’ Astrakhan que nous venons de voir est l ’ an cienne cité conquise. De celle-ci, il ne reste plus que des ruines à soixante-dix verstes plus haut, sur ce bras du Volga appelé Akh- touba, qui a été déjà nommé. Du moins présume-t-on que les restes de bâtiments considérables découverts en cet endroit, et dont une partie a servi à la construction de l ’ Astrakhan moderne, ne sont autre chose que les ruines de l ’ ancienne ville tatare. Quelques-uns prétendent que cette dernière s ’ élevait seulement à dix verstes au - dessus de l ’ Astrakhan russe. Je ne puis que répéter à cet égard ce que j ’ ai pu recueillir dans le pays, qui se pique peu d ’ ailleurs de science archéologique.
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