Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854
TATARS D ’ ASTRAKHAN. 347 veiller à ce que, dans les sentences, il ne soit porté aucune at teinte aux lois de l ’ empire. Leurs mœurs et leurs usages diffèrent peu de ceux des Nogaïs, et leur costume est à peu près celui des Tatars de Kazan, avec la seule différence que les manches de leurs habits ne vont que jus qu ’ au coude. Ils portent des calottes sur leur tête rasée, et, par dessus, un bonnet bordé de fourrure : les jeunes gens ne se rasent même pas tous la tête, plusieurs se contentent de se couper les cheveux. Leurs femmes s ’ habillent comme les Arméniennes, ou du moins d'une manière tout à fait analogue. Quant à leur culte, aux cérémonies qui accompagnent les grands événements de la destinée humaine — la naissance, le mariage, la mort — ils suivent le culte et les cérémonies que pratiquent leurs frères de Kazan. Il est inutile de dire que ceux de la ville font leur principale occupation du négoce : le négoce c ’ est la vie du Tatar, quelles que soient son origine et la cité où il demeure. Les Tatars des villages sont jardiniers et maraîchers : ils four nissent Astrakhan de fruits et de légumes. Le gouvernement a soumis ces derniers à une légère capitation, qu ’ ils payent le plus souvent en main-d ’ œuvre, c ’ est-à-dire en travaillant un certain nombre de jours pendant le printemps et l ’ automne dans les vignobles de la couronne. Pour ce qui est des Tatars nomades, ils sont pasteurs et vivent du produit de leurs troupeaux : ils fournissent d ’ ailleurs les cour riers qui entretiennent la poste entre Astrakhan et Kislar, forte resse du Caucase bâtie à l ’ embouchure du Térek, dans la mer Caspienne.
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