Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

346 VOYAGE EN RUSSIE. XIII T AT A RS D ’ ASTRAKHAN. Ils appartiennent à la branche des Nogaïs, qui dut son nom et son origine à Nogaï, petit-fils de Tchinguis-Khan, et en forment aujourd ’ hui la tribu la plus considérable. Ces Tatars n ’ ont rien de commun avec ceux qui mènent une vie nomade sur les bords de l ’ Akhtouba, ce bras du Volga qui remonte jusqu ’ à Tsaritsine, ainsi que nous l ’ avons vu. Les Tatars d ’ Astrakhan forment trois divisions : ceux qui habi ­ tent la ville même; ceux qui sont établis dans les villages voisins; enfin ceux qui campent sous des tentes et errent aux environs de la mer Caspienne. Lors de la prise d ’ Astrakhan par les soldats de Jean IV, les Tatars comptaient vingt-cinq mille combattants; ce nombre était réduit de moitié au bout d ’ un siècle et demi, et il alla ainsi di ­ minuant jusqu ’ à la fin du siècle dernier, où il était descendu à deux mille; mais ce chiffre n ’ a pas tardé à remonter, car aujour ­ d ’ hui il s ’ élève à dix mille 1 . La cause de cette diminution si longtemps progressive a été attribuée au caractère inconstant et vagabond de ce peuple, qui a toujours été porté à changer de résidence. C ’ est ainsi qu'on voyait les Tatars partir seuls ou par troupes et prendre la direc ­ tion du Caucase et de la Crimée : quelquefois ils allaient se joindre aux Bachkirs, quelquefois même aux Kirghiss. Aujourd ’ hui, ils forment dans Astrakhan une colonie séparée; ils ont leurs boutiques à eux, leur mosquée, leur juge. Il est vrai , celui-ci est assisté d ’ un assesseur moscovite chargé de 1 Voir la Géographie de M. Pavlovsk.

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