Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

PÈCHE DU VOLGA. 345 extraordinaires ; je l ’ ai déjà dit, il n ’ est pas rare de voir payer un grand sterlet soixante-quinze roubles argent, c’ est-à-dire, cent écus. Bien que les pêcheries soient répandues sur tout le cours du Volga et que le commerce du poisson appartienne à plusieurs villes, telles que Saratoff et Simbirsk, son siège principal est à As ­ trakhan, comme c ’ est à Astrakhan que sont les principales pê ­ cheries. Il y a dans cette ville une expédition générale qui sur ­ veille toutes celles du fleuve et dirige les affaires de ce commerce. Ces affaires sont prodigieuses. Rien que d ’ Astrakhan, il s ’ expédie tous les ans pour plus de sept millions de roubles de poisson, et la foire de Nijni seule en achète pour deux millions ; et je ne compte pas la colle et le caviar, qui produisent aussi des sommes considérables. Ajoutez actuellement aux sept millions d ’ Astra ­ khan la valeur fournie par les nombreuses pêcheries échelonnées sur tout le cours du fleuve, et vous arriverez à une somme im ­ mense : je n ’ ai pu en trouver le chiffre dans aucune statistique. Xll AVANT D ’ ENTRER A ASTRAKHAN. Je me suis sévèrement interdit dans cet ouvrage toute disser ­ tation relative à l ’ origine, aux races et à l ’ histoire des différents peuples que renferme la Russie. Un pareil travail exigerait un espace dont je ne puis disposer ici et sortirait d ’ ailleurs du cadre, du plan, de l ’ esprit et du caractère de ce livre. Il est cependant impossible, au moment d ’ entrer à Astrakhan, de ne pas dire quel ­ ques mots desTatars et desKalmouks, qui forment une partie de la population de cette ville, et, par suite, des Rirghiss, dont il a été déjà question plus d ’ une fois dans les pages qui précèdent. Mais j ’ aurai soin d ’ être bref, et de ne dire que ce qui est absolu ­ ment nécessaire pour fixer l ’ esprit sur ces peuples.

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