Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

344 VOYAGE EN RUSSIE. être y a-t-il là l ’ effet d ’ une loi temporaire, et que cette époque passée, le Volga reprendra sa navigation dans toute sa plénitude; peut-être aussi cette loi condamnera-t-elle cette navigation à dis paraître au bout d ’ un certain temps. » Il y a plus d ’ un siècle que les mêmes plaintes avaient eu lieu sur le même sujet; on remarque des îles autour desquelles il y avait à peine cinq pieds de profondeur : or, on a observé de nos jours que le bras principal du Volga, entre Astrakhan et la mer, compte cinq bancs de sable, dont le moins profond tire ce pendant plus de quatre pieds et demi; on voit qu ’ on s ’ effraie peut-être un peu trop vile sur l ’ avenir du Volga. La pêche sur ce fleuve a quatre saisons, ou se fait quatre fois durant l ’ année; en voici les époques : la première a lieu à la dé bâcle des glaces, depuis le mois de mars jusqu ’ au mois de mai ; il s ’ agit ici de la région moyenne et méridionale, c ’ est l ’ époque où se préparent le caviar et la colle. La seconde pêche se fait en juillet ; la troisième en septembre, et la quatrième en hiver : celle-ci n ’ est pas la moins riche, mais elle ne saurait avoir lieu que précédée, chaque fois, d ’ un chari vari infernal exécuté sur le bord du fleuve à l ’ effet de réveiller le poisson et de l ’ obliger à quitter le fond de l ’ eau : après quoi les filets de commencer leur jeu. A peine le poisson est-il pris qu ’ on le fait geler et on l ’ expédie sur divers points de l ’ empire, particulièrement à Moscou. La nomenclature serait longue si je voulais nommer ici toutes les espèces de poissons que nourrit le Volga et qui enrichissent les pêcheries de ce fleuve; je me contenterai d'en nommer quelques- uns : d ’ abord le saumon et la truite, qui sont d ’ une extrême abon dance; l ’ esturgeon et toutes ses espèces, dont les principales sont le bélouga ou grand esturgeon : celui-ci a quelquefois deux sa- gines de longueur, plus de quatre mètres, le sévraga et l ’ estur geon ordinaire, puis la brème, le sterlet, et le sterlet est le pois son le plus délicat du pays : les grands se vendent à des prix

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