Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

PÈCHE DU VOLGA. 313 au commencement d ’ avril ; à Saratoff il ne se gèle qu ’ en décem ­ bre, et en mars son cours a repris sa liberté; on comprend qu ’ il est impossible de donner ici des dates fixes, tout dépendant des circonstances atmosphériques et du caprice des saisons. D ’ ail ­ leurs la navigation est active, on a pu le voir; dans le gouver ­ nement de Saratoff seul, elle occupe quarante mille bras. La na ­ vigation et les pêcheries réunies n ’ occupent pas moins, sur toute la ligne du fleuve, de trois cent mille individus; loin de trou ­ ver le nombre exagéré, je le crois au-dessous de la vérité. Qu ’ on n ’ oublie pas que le parcours du Volga est de quatre mille verstes ! Cette navigation était autrefois souvent contrariée et ralentie, soit par la rapidité du courant en certains endroits, soit par les vents contraires en certains temps ; on sentit la nécessité d ’ y ob ­ vier. En 1843, une compagnie de bateaux à vapeur s ’ établit sur le fleuve. Le nombre des trains qu ’ ils remorquent chaque année aux différents ports de ses rives est considérable, aussi cette com ­ pagnie est-elle dans un état très-florissant ; son parcours n ’ est pas limité, elle va d ’ Astrakhan à Rybinsk. Elle a aussi des ba ­ teaux à vapeur pour les passagers : dans le principe, ces bateaux ne faisaient que le trajet de Nijni à Kazan, aujourd ’ hui ils vont jusqu ’ à Astrakhan; il y en a trois consacrés à ce voyage, qu ’ on pourrait appeler une traversée. Comme il est dans la nature humaine de se plaindre toujours, les mariniers du Volga, surtout ceux des basses régions, accusent ce fleuve de ne plus mériter sa réputation; suivant eux, ses eaux vont diminuant chaque année, et son avenir menace d ’ être triste. Ils vous disent que dans les parties supérieures la profondeur du fleuve n ’ est plus ce qu ’ elle était autrefois, que le sable forme de nouvelles îles, quoi encore? à les entendre, d ’ ici à peu de temps, le Volga aura cessé d ’ être un fleuve navigable, lui qui transporte du chantier de Kazan des navires qui s ’ y construisent pour la mer Caspienne ! Un savant géographe du pays arrive, qui dit : « Peut-

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