Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

342 VOYAGE EN RUSSIE. XI t ...... ..... NAVIGATION ET PÊCHE DU VOLGA. Apres Sarepta, le pittoresque finit et le désert commence. Le Volga rase encore pendant quelque temps les limites du gou ­ vernement de Saratoff, comme s ’ il hésitait, ou qu ’ il lui répu ­ gnât d ’ entrer dans les plaines profondes d ’ Astrakhan. Nous con ­ naissons les pays qui viennent border son lit. Point de bois, mais des steppes sablonneux, avec des espaces salins, couverts çà et là d ’ absinthe et d ’ autres plantes pour les troupeaux des Kalmouks ; partout la nudité, la solitude, le sable aride qui menace d ’ ab ­ sorber ses flots; plus de villes aux ports animés, ni de monta ­ gnes aux effets alpestres, mais de distance en distance quelques forts solitaires, sentinelles perdues, chargées de surveiller les Kirghiss, peuplade semi-barbare, toujours prête à tenter un coup de main. Le voici cependant qui arrive à Tchernoï-Yars ; ici son cours est partout semé d ’ îles flottantes, de bancs de sable et de bas- fonds; mais il ne cesse pas cependant de poursuivre majestueu ­ sement sa route dans le désert. J ’ ai déjà retracé cette course solitaire du Volga ; je ne repro ­ duirai point ici ce tableau, j ’ aime mieux m ’ arrêter à la naviga ­ tion du grand fleuve russe et à ses pêches. L ’ époque ou plutôt les époques de la navigation du Volga va ­ rient suivant les latitudes qu ’ il traverse et qui prolongent plus ou moins longtemps sa saison d ’ hiver. Dans les parties septen ­ trionales, par exemple, telles que Rybinsk, les glaces viennent enchaîner ses eaux dès le mois de novembre, et ne disparais ­ sent que dans le courant de mai, quelquefois dans les premiers jours, mais rarement; à Simbirsk il coule librement jusqu ’ à la fin de novembre, et la débâcle de ses glaces a généralement lieu

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