Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854
SAINT-PÉTERSBOURG. 25 pensée , il avait arrêté de fonder sur ces rives. C ’ était la fenêtre qu ’ il voulait ouvrir sur l ’ Europe occidentale. L ’ î'ot (Yéni-Saar, île aux lièvres) fut exhaussé, et la première pierre de la forteresse, dont le tsar lui-même avait tracé le plan, fut posée le jour de la Sainte-Trinité. Les ouvriers furent appelés de tous les points du vaste empire. Kosaques et Finnois, Ralmouks et Ingriens accoururent à l ’ œuvre, et comme les outils manquaient à ces misérables, suivant l ’ expression du chroniqueur (Nestesu- ranoï), ils creusaient la terre avec leurs mains et la transportaient dans le pan de leurs robes. L ’ ardeur était si grande, et la présence du maître les électrisait de telle sorte qu ’ au bout de cinq mois ils avaient terminé l ’ intérieur des ouvrages. La forteresse une fois armée , les travaux de la ville commencèrent. La nouvelle cité fut appelée Saint-Pétersbourg, du nom de l ’ apôtre saint Pierre, sous la protection duquel elle fut placée. Mais ses constructeurs devaient travailler le mousquet à l ’ épaule, car les Suédois étaient là qui ne voyaient pas d ’ un œil paisible s ’ élever cette ville, qui allait désormais tenir en échec leurs pos sessions finnoises '. On se battit, les Suédois furent repoussés, et Saint-Pétersbourg s ’ éleva rapidement. Mais quels travaux gigan tesques ! il fallait en même temps abattre les forêts, relever le sol, le raffermir à force de pilotis, creuser des routes souterraines pour l ’ écoulement des eaux ; en un mot, vaincre partout la nature après avoir vaincu les hommes ! Il faut dire que , à l ’ exception de la forteresse, les premières constructions de la jeune capitale furent faites en bois. Cependant des maisons de pierre ne tardèrent pas à s ’ élever ; puis des monu ments, puis des quais de granit vinrent border le fleuve ; les canaux concentriques, qui embrassent de leur triple sinuosité 1 Us prévoyaient bien. Aujourd ’ hui, à l ’ exception d ’ une petite partie de la Laponie occidentale, toute la Finlande, du golfe de Bothnie aux rives du lac Onega, appar tient aux Russes.
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