Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854
312 VOYAGE EN RUSSIE. particulièrement celui des grains, les enrichissent. Comment le commerce n ’ enrichirait-il pas une ville dont le port, l ’ un des plus considérables du Volga, est une station naturelle pour tous les con vois ou trains de barques qui descendent ou remontent le fleuve ? Il n ’ en est pas un qui n ’ y dépose une partie de son chargement, ou qui ne l ’ y complète. Les embarcations qui arrivent d ’ Astrakhan lui laissent du vin, du riz, des melons, du raisin 1 ; celles de Sa- ratoff' y prennent du blé ou du poisson, des draps ou des tapis ; enfin celles qui arrivent de Saint-Pétersbourg lui apportent des denrées coloniales, des objets de luxe, des produits français 2 . Tout ceci n ’ empêche pas Simbirsk d ’ avoir ses convois à elle, et de faire ses propres expéditions. U ne faut point chercher de vieux monuments ni de grands souvenirs à Simbirsk. Son antiquité ne remonte pas dans la nuit des temps. Elle fut fondée par le tsar Mikhaïlovitch, en 1648, époque où la Russie était rentrée dans son indépendance na tionale. 11 faut donc se contenter d ’ y voir une ville pittoresque, élé gante, coquette, bien bâtie, avec de larges rues, de nombreuses églises, dont les clochers font de loin un si charmant effet, sus pendus sur la verdure des jardins, avec son bazar oriental, tout rempli de Tatars à la robe flottante, sa jolie place devant l ’ hôtel du gouverneur, au milieu de laquelle s ’ élève le monument deKaram- sine, son beau parc d ’ Alexandrovsky, qui étend sur une ligne de plus d ’ une verste ses frais et verdoyants ombrages. 11 faut y voir aussi l ’ affabilité de ses habitants, leur hospitalité qui en rend le séjour facile et agréable, et le caractère de ce qu ’ on appelle com munément le peuple. 1 Raisin blanc à grains fermes, d ’ un goût assez agréable, quoique peu sucré. 11 arrive dans des barils de millet et se conserve fort bien. Il se vend à Saint-Péter sbourg de trente à cinquante kopeks la livre, suivant l ’ année et les arrivages. Ce prix répond à un franc vingt-cinq centimes et deux francs. 2 Par un vent favorable, les barques à voile ne mettent que quinze jours de Saint- Pétersbourg à Simbirsk.
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