Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

296 VOYAGE EN RUSSIE. Tatars d ’ un double rang de murailles, partie en chêne, partie en pierre, et percées d ’ une douzaine de portes. Aux murs tatars a succédé une massive muraille aux tours rondes et solides, élevée par Jean IV. Ce mur n ’ a plus que trois portes au lieu de douze: celle que je viens de nommer, par laquelle on pénètre dans la place, celle de Taïnitzkié, qui sert de sortie et conduit sur les bords de la Kazanka, et enfin la porte de Piatnitzkie, dans la partie nord- est de la forteresse. A peine a-t-on franchi la porte du Sauveur, qu ’ on se trouve en présence de l ’ église de Saint-Cyprien-et-Sainte-Justine, noms qui furent donnés à ce temple en commémoration de la date de la prise de Kazan ’ , qui est celle où l ’ église russe fête ces deux martyrs. Comme Jean IV était pressé de voir ses ordres exécutés, et que les ouvriers manquaient sur les lieux, l ’ église fut construite à Moscou, apportée par pièces numérotées à Kazan et montées dans une journée. Plus tard, elle fut reconstruite en pierre. D ’ ailleurs, cette église n ’ a rien de remarquable en dehors de son antiquité. Dans son voisinage s ’ élève un monastère en grande vénération parmi les Russes, lequel a passé par trois ou quatre incendies : c ’ est celui de la Transfiguration. Mais ce qui domine surtout à la forteresse, c ’ est la magnifique cathédrale de Y Annonciation, à l ’ ar ­ chitecture byzantine, au clocher élancé, aux cinq coupoles tradi ­ tionnelles. Ce monument religieux fut construit en 1561, sur l ’ emplacement indiqué par Jean IV, et où d ’ abord avait été élevée une église en bois. En moins d ’ un siècle et demi cette cathédrale fut quatre fois consumée par les flammes et quatre fois reconstruite, comme le monastère dont il vient d ’ être question. Mais ce qu ’ on ne put pas ressusciter, ce furent les livres de liturgie donnés par le tsar Jean, non plus que les ornements pontificaux et les clo ­ ches, présents du même prince. Puisque nous sommes à la forteresse, nous ne saurions la 1 2 octobre 1532.

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