Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

KAZAN. 287 de la Kama 1 ; lés VbïéVodes de Sviajsk feront occuper tous les [tassages du Volga. Le tsar préside atix préparatifs; il passé les soldats en revue, les encourage, donne ses instructions aux chefs, l ’ armée s ’ ébranle : c ’ était le 16 juin. D ’ immenses transports avaient pris les devants. L ’ Oka et le Volga étaient couverts d ’ embarcations : celles-ci chargées de pro ­ visions de bouche, celles-là d ’ artillerie. Jean partit à son tour : il se sépare de sa jëuiië épouse, la douce Anastasie, avec cette fermeté du prince qui obéit à un devoir suprême : « Sois bonne et bienfaisante pendant mon absence, lui dit-il d ’ une voix ferme, malgré son émotion cachée; je remets le pouvoir suprême entre tes mains; le Très-Haut saura récompen ­ ser et ma vaillance et ta bonté. » Anastasie tomba à genoux, et invoqua tout haut le ciel pour son époux. Le tsar ne la quitte que pour se rendre à la basilique de l ’ As ­ somption; puis, suivi de la cavalerie de sa garde, il va passer la nuit à Ostroff, son village favori. Les épisodes guerriers ne tardent pas à surgir. Jean apprend en route que de grands secours arrivent aux Kazanais : le khan des Tauriens, à la tête d ’ une formidable armée et des janissaires du sultan, s ’ est mis en marche. 11 s ’ est arrêté devant Toula pour l ’ assiéger. Les proportions du poëme s ’ agrandissent. La fatigue se fait sentir à l ’ armée; elle murmure. Où la con ­ duit-on ? quelle sera la fin de cette campagne ? Elle manque de vivre. .. elle dévore tout sur sa route. La saison s ’ avance, d ’ ailleurs. Les enfants-boyards sont épuisés de force et d ’ argent... tous se plaignent... La démoralisation s ’ étend à tous les corps et à tous les rangs. Le tsar l ’ apprend et ne se trouble point; mais il fait dresser 1 Michel Ginsky.

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