Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

NIJNI-NO VGOROD. 257 3° La ville basse, qui renferme de vieilles et remarquables églises ; 4° Enfin, l ’ espace qui s ’ étend jusqu ’ au point de jonction des doux rivières, et que dans le pays on appelle Y arrière-ville. Si l ’ on veut avoir une idée quelque peu juste de l ’ admirable situation de Nijni et de l ’ ensemble de cette cité favorisée, il faut monter à la forteresse. Ici les couleurs manquent au pinceau : rien de varié, de charmant et de grandiose, comme le tableau qui se déroule à votre vue. D ’ abord, c ’ est le bazar de la ville, qui s'étend à plus d ’ une verste, sur une ligne, de rochers; puis c ’ est un pêle-mêle harmonieux, si ces deux mots peuvent aller ensem ­ ble, de coupoles, de magasins, d ’ hôtelleries, de toits bariolés d ’ où s ’ élancent çà et là, à travers des bouquets de verdure, les clochers étincelants des églises; puis, à votre gauche, de grandes monta ­ gnes développent leurs hauteurs tout émaillées de jardins em ­ baumés, d ’ habitations coquettes et pittoresques ; plus bas, un tra ­ vail gigantesque se fait : les millions se sèment ; le roc est ébranlé, déraciné par la mine; les maisons s ’ élèvent; les ravins se comblent et se gazonnent ; la ville marche et s ’ étend. Voici la foire : au delà, à travers la forêt de mâts qui couvrent le fleuve, la vieille ceinture murale de la ville de Balakhna, derrière laquelle se dé ­ roule au loin, à certains moments étincelants, la ligne vaporeuse de l ’ horizon oriental. Descendez aux détails : le pont de l ’ Oka, bordé de petites bou ­ tiques, est partout couvert de fourgons, de télègues, de chevaux, de piétons; c ’ est un va-et-vient, un mouvement, une animation, un bruit perpétuel; des ouvriers sont là qui attendent qu ’ on vienne les employer; les marchands se hâtent; les curieux, les étrangers, les oisifs, flânent et regardent. Sur l ’ autre rive, ce sont plus de deux mille baraques regor ­ geant de toute espèce de marchandises. Ces baraques, afin d ’ obvier aux rapides inondations printanières, sont faites de façon a se démonter et à se reconstruire rapidement. Dans la vaste plaine 17

RkJQdWJsaXNoZXIy MTY3OTQ2