Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

ROUTE DE NUNI-NOVGOROI). 247 ments et à collet de velours noir; ce dernier, droit et agrafé sous le menton. 11 tenait sous le bras un registre crasseux, qu ’ il mon ­ trait aux voyageurs incrédules, obstinés à demander des che ­ vaux. Lorsque cet homme fut arrivé devant notre tarantass, il s ’ in ­ clina profondément, en protestant qu ’ il ne lui restait que quatre chevaux de réserve, pour un aide de camp général qui s ’ était fait annoncer. — Ivan Serguéiévitch, lui dit gravement le prince, l ’ aide de camp général que vous attendez ne passera que demain, je l ’ ai vu à Moscou... — Votre Excellence en est-elle bien sûre? demanda sans rire le maître de poste... — Parfaitement sûr : Ivan Serguéiévitch, reprit avec non moins de sérieux mon compagnon, m ’ a recommandé, si je prenais ses chevaux, de les payer double, ainsi vous allez faire atteler sans retard . — Votre Excellence parle trop bien et j'ai entendu ’ , elle va être servie. Et au bout de cinq minutes nous partions, aux yeux stupéfaits de la foule de voyageurs retenus là par l ’ inexorable maître de poste. Ce maître de poste, me dit Alexandre Alexandre vit ch, ’ comme nous venions de partir, est un coquin (machennikj comme tous ses confrères, mais moins encore que les yamtchiks : il m ’ a fait payer double, ceux-ci m ’ eussent fait payer dix fois plus sous pré ­ texte de la foire. Vachka, fit-il ensuite à son nain, une pipe. Je suivis son exemple, et allumai un cigare. Nous avions quitté Moscou à midi, à cinq heures nous arri ­ vions au relais de Bogorodsk, petite ville de district à cinquante verstes de Moscou, sur la rive droite d ’ une rivière qu ’ on me dit 1 Expression consacrée d ’ inférieur à supérieur : slouchoiou, j ’ entends.

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