Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

MOSCOU. 217 neau dans une chancellerie, où l ’ on écrivit tout ce qui s'était passé. » Cependant Mânine ne s ’ inquiétait que d ’ une chose, c ’ était du départ du train du chemin de fer, qu ’ il craignait de manquer. A trois heures il était à la gare et montait en wagon, et le len ­ demain il arrivait à Saint-Pétersbourg, où il était venu visiter une parente. Mais le trait d ’ admirable dévouement et de courage inouï de ce brave homme était arrivé à l ’ empereur, qui le fit mander. 11 est inutile de dire avec quel sentiment de crainte res ­ pectueuse et de bonheur profond le paysan Mânine se présenta devant son souverain, qui le reçut dans son cabinet, et lui adressa la parole en ces termes : — Je te remercie de ta bonne action. Embrasse-moi, et me raconte comment Dieu t ’ a secondé. Mânine raconte le fait avec simplicité, et l ’ empereur, après l ’ avoir écouté avec bienveillance, lui dit : — Va, maintenant, que Dieu soit avec toi; si jamais tu as besoin de quelque chose, viens directement à moi, je te recevrai toujours. Je ne parle pas de la médaille de sauvetage dont l ’ empereur décora Mânine ni de la gratification pécuniaire qu ’ il lui fit re ­ mettre. XXXI Fêtes du grand monde. — Progrès dans les classes intermédiaires. — Les deux soirées. A Paris, une fête se prépare pour ainsi dire à huis clos. Pendant quinze jours , les jardiniers fleuristes et les tapissiers font mer ­ veille : vestibule, escaliers, salons, tout se décore, tout se remplit de verdure et de fleurs ; les gens de la maison admirent, mais les passants ne se doutent de rien.

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