Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

138 VOYAGE EN RUSSIE. prince, qui ne gênaient d ’ aucune sorte sa liberté. Elle devint en ­ suite l ’ apanage direct du troisième petit-fds de Rurik, Sviatoslaff, prince valeureux qui périt dans un combat contre les Pétchénégues . Lorsque Yaroslaff eut partagé ses États entre ses fils, Novogrod saisit cette circonstance, qui affaiblissait l ’ empire , pour secouer toute dépendance directe. Elle se fit une règle de choisir parmi les princes russes celui auquel il lui convenait de prêter un sem ­ blant d ’ obéissance, refusant ceux qui lui étaient envoyés d ’ au ­ torité et battant les troupes qui les accompagnaient. Quant aux princes que la république avait choisis, ils n ’ avaient aucune autorité sur elle * ; souvent même ils ne pouvaient résider dans la ville, où ils envoyaient un gouverneur, se contentant, quant à eux, du titre purement honorifique de prince de Novgorod, et du tribut que la cité leur payait. Cependant il y eut des exceptions. Quelquefois les Novgorodiens craignaient la puissance des grands princes : alors ils se soumettaient; le plus souvent ils secouaient le joug. Il y en eut auxquels ils firent jurer qu ’ ils maintiendraient la charte et les privilèges qu ’ ils tenaient du grand, prince Yaros ­ laff 2 , ce premier législateur de la Russie. La conquête mongole eut lieu. Novgorod ne demeura point oisive; elle profita de l ’ abaisse ­ ment des grands princes pour échapper à leur pouvoir et étendre sa propre puissance, jusqu ’ à ce que Jean III arriva, qui, ayant brisé le joug de la servitude tatare, résolut aussi d ’ abaisser l ’ or ­ gueil de la république novgorodienne et de la soumettre à l ’ o ­ béissance. Mais quelles étaient donc les possessions de cette république, ses richesses, son commerce, ses alliances, son gouvernement ? 1 Les Novgorodiens disaient avec orgueil : « Le prince est à lui, et nous à nous.» Kniaz Sobiè, a my Sobiè. Cette orthographe rend mal le son de ces mots, surtout le my, qui en russe se prononce mouillée, mouï. 1 En 1019, le grand prince Yarosloff reconnut les libertés de Novgorod en lui accordant de grands privilèges. Lorsqu'on 1036 il lui donna son fils Vladimir pour prince, il restreignit les droits de celui-ci à un simple tribut que devaient lui payer les citoyens, dont il augmenta encore les libertés. N.-S. V sévolojsky .

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