Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

ROUTE DE MOSCOU. 137 Nord; elle eut ses armées, ses possessions lointaines, ses assem ­ blées populaires, ses magistrats, ses tribuns, et la liberté tumul ­ tueuse, la fierté, l'orgueil républicain, jusqu ’ au jour où, abusant de toutes ces choses qu ’ elle ne sut pas défendre, soumise à son tour, elle perdit sa liberté, sa puissance, son commerce, ses richesses, et tomba graduellement dans cet état d ’ abandon et d ’ obscurité. Novgorod existait lorsque les trois frères Variagues y arrivèrent, et Rurik en fit sa résidence et la capitale de ses États. Son origine se perd dans la suite des temps. D ’ après quelques historiens, elle aurait été bâtie au même temps que Kieff par des Slaves venus des bords du Danube, les véritables ancêtres desRusses. Les chroniques de Novgorod parlent d ’ une grande ville slavensk, habitée par les Slaves, et qui aurait existé là même où s ’ élèva Novgorod depuis. Cette ville, par différentes circonstances, abandonnée de ses ha ­ bitants, aurait fini par disparaître, lorsque plus tard, longtemps plus tard, vers le cinquième siècle, les descendants de ces mêmes Slaves de Slavensk revinrent aux lieux qu ’ avaient habités leurs pères, et construisirent une nouvelle cité à l ’ endroit même de l ’ ancienne, un peuplus bas peut-être, une versteen aval du fleuve, et l ’ appellèrent Novgrad — Novgorod. — Ce qui signifie effective ­ ment Nouvelle-Ville. Or les Slaves de Novgorod se gouvernaient librement, et la forme démocratique était établie parmi eux lorsque Rurik fut ap ­ pelé avec ses frères en 862, date déjà indiquée dans l ’ introduction de cet ouvrage. Novgorod dès cet instant eut des princes , mais elle n ’ eut pas de maîtres; elle demeura républicaine L Bientôt le siège du gou ­ vernement fut transporté à Kieff 2 , et jusque vers la fin du dixième siècle (970), elle eut de simples lieutenants du grand 1 11 est à remarquer que le mot république n ’ existait pas, mais seulement la chose, et je l ’ appelle de son nom. 2 Après la mort de Rurik, par Oleg, parent et tuteur du jeune Igor, héritier du trône.

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