Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

LA FINLANDE. 95 elles occupèrent souverainement jadis une grande étendue de pays*. De tout cela, il est évident que la race finnoise a formé de temps immémorial un peuple nombreux, qui a laissé des traces dans une foule d ’ endroits différents 2 . Il faut placer au treizième siècle l ’ époque où les Finnois passèrent sous la domination de la Suède Déjà, le siècle précédent, le roi Erik les avait forcés par le glaive à accepter la religion chrétienne ; mais la religion se fit, et ils retournèrent à leur mythologie 4 . Ce ne fut qu ’ environ un siècle et demi plus tard que la Finlande passa franchement au christia ­ nisme. Au treizième siècle, une partie de cette contrée appartenait à la Russie, possession reconnue par les traités de Nystadt (1721), d Abo (1743) et de Véréla (1790); mais l ’ empereur Alexandre en acheva la conquête en 1808, et la réunit tout entière à ses États sous le titre de Grand-Duché de Finlande, conquête qui fut con ­ sacrée l ’ année suivante par la paix de Fréderiksham. En politique habile, le tsar conserva à ce pays la constitution qu'il tenait de la Suède, dans tout ce qui touche les cas fondamen ­ taux, la religion, les privilèges dont jouissaient les habitants; et l ’ empereur Nicolas, sage comme son prédécesseur, leur confirma les mêmes avantages, le 24 décembre 1825. Il notifia à la Finlande * Voir l ’ Introduction de cet ouvrage, p. 8. 2 M. Leouzon-le-Duc, dans son livre sur l ’ histoire primitive de la Finlande, a donné une excellente analyse des diverses opinions que je viens d ’ indiquer sur l ’ origine des peuples Finnois. 3 Encore une opinion. Les Finnois se nomment eux-mêmes Suome ou Suomalecnm. Finne et Fennen sont une traduction gothique de leur nom propre. Ils sont originai ­ res d ’ Asie. Le temps de leur émigration d ’ Orient en Occident est inconnu. On voit encore une si grande analogie entre les Permiens, les Lapons et ce peuple, qu ’ on ne peut douter qu ’ ils ne soient de la même famille, et il est probable que les Finnois ne se sont séparés des Lapons et fixés dans des demeures stables qu ’ au treizième siècle, après qu ’ ils eurent reçu le christianisme. N. S. V sëvolojsky . 4 Voyez le Kalewala, la grande épopée nationale de ce peuple. Les runes ou chants dont elle est composée renferment une mythologie étrange, pleine des créa ­ tions les plus fantastiques; aussi a-t-on vainement consulté ce poëme sur l ’ origine des Finnois.

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