Baye J. d., De Penza a Minoussinsk. souvenirs d'une mission. extr. de la Revue de geographie-1898

42 DE PENZA A MINOUSSINSK Les terrassements faits autour des chantiers de construction ont, depuis un an, mis à découvert beaucoup d ’ ossements de mam mouth et d’ autres animaux, et aussi des objets de l ’ âge de pierre. A cause de l ’ ignorance des ouvriers et de l ’ absence sur les lieux de personnes s ’ y intéressant, ces précieux documents ont été perdus pour la science. Il serait trop long de vous entretenir de mes découvertes archéo logiques aux environs de Krasnoïarsk 1 . Cependant, je dois vous dire avec quelle joie j ’ ai pu extraire, près de Lodéïky, une partie de squelette de bison (bos priscus) de la couche d ’ argile où il gisait à côté d ’ instruments en pierre taillée. Les bords de l ’ Iénisséï étaient, dans cette région, très fréquentés par les hommes avant et pendant l ’ âge du bronze. Mais, faute de temps, je ne vous entraînerai pas dansmesexcursions archéologiques. Traversons la grande place où se dresse la cathédrale, où se tient le marché, et embarquons-nous. Pour me rendre de Krasnoïarsk à Minoussinsk, j ’ ai remonté l ’ Iénisséï sur le bateau Nicolas mis à ma disposition par M. Va- louïeff, l ’ ingénieur en chef de Tomsk. Ce bateau, qui appartient:! l ’ administration, est le seul qui puisse arriver jusqu ’ à Minoussinsk. Une profondeur de 58 centimètres suffit au Nicolas, tandis que les deux autres bâtiments, la Russie et le Krasnoïarsk, exigent une profondeur de 71 centimètres. Le départ annoncé pour le lundi n ’ a eu lieu que le mercredi, parce qu ’ en ces parages les hommes sont peu de chose à côté de la marchandise. Les passagers doivent attendre que la barja qui sera traînée par le remorqueur soit bien garnie. Le sort des voya geurs, l ’ heure de leur départ, la durée du trajet, le nombre et la longueur des arrêts, tout dépend de la quantité de marchandises. Celles-ci étant chargées, vous croyez que l ’ heure du départ a sonné, point du tout, on attend les papiers. Les papiers sont apportés, vérifiés, signés; cette opération exige, de la part des prenants et des livrants, une absorption considérable d ’ eau-de-vie, je devrais dire inquiétante : que les employés retournant en ville se livrent aux libations, qu ’ importe! Mais que ceux qui ont charge de conduire à bon port d ’ abord la marchandise, ensuite les passagers, s ’ enivrent, voilà le danger. 1. Le produit de mes recherches faites en 1896 à Basaïka, à Lodéïky et au mont Afontava, se trouve actuellement au Muséum d ’ histoire naturelle.

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