Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

66 VOYAGE EN RUSSIE. sins, une rivière, une ferme, des collines, des points de vue merveilleux, beaucoup de fleurs, un pavillon de roses, un théâtre champêtre taillé dans les arbustes et exhaussé sur un tertre de gazon, enfin un palais simple , mais élégant et de bon goût , con ­ stituent l ’ ensemble de cette délicieuse résidence, pleine de silence, de rêves et de solitude, malgré le vauxhall établi à l ’ extrémité de ses jardins, où le chemin de fer jette chaque soir une grande foule de citadins, qui viennent y chercher le frais, la promenade, le plaisir des rencontres fortuites, quelquefois un roman pour la saison, et toujours une excellente musique. Une petite ville s ’ est élevée à l ’ ombre du parc impérial : elle est bien bâtie, coupée de vastes jardins et délicieusement champêtre ; aussi la population de cette charmante ville, comme celle de Tsarskoé-Sélo, se dou ­ ble-t-elle tous les étés d ’ habitants de Saint-Pétersbourg qui vien ­ nent y chercher le voisinage d ’ un parc verdoyant et un air re ­ nommé pour sa salubrité. G atchina . — Autre résidence impériale, au-delà de Tsarskoé- Sélo, à quarante verstes de Saint-Pétersbourg. Le château de Gatchina fut construit en 1770, par le prince Orloff, ce fastueux favori de la grande souveraine. Après sa mort, celle-ci l ’ acheta et en fît présent, en 1784, à son fils, le grand-duc Paul, qui devait lui succéder, le père de l ’ empereur Nicolas. Gatchina a de beaux jardins, de magnifiques eaux, et, comme tous les palais impériaux , des souvenirs de faste , de fêtes étin ­ celantes, de mystérieux romans, d ’ aventures secrètes et mer ­ veilleuses.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTY3OTQ2