Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

54 VOYAGE EN RUSSIE. J'aurais pu m ’ étendre davantage sur les îles, en décrire minu ­ tieusement les sites, l ’ aspect et la curiosité, en dire la physio ­ nomie morale, raconter la vie de leurs habitants, parler des or ­ chestres qui à certains jours y sont en permanence , des fêtes qui y ont lieu, de la promenade de Yélaguine le jour de l ’ anniversaire de l ’ impératrice, des feux d ’ artifice qu ’ on voit éclater sur tous les points pendant les soirées déjà obscures de l ’ automne : mais tout cela m ’ aurait conduit trop loin. Mon voyage commence à peine et j ’ ai une longue carrière à fournir, il faut donc ménager ici le temps et l ’ espace. La belle saison est rapide à Saint-Pétersbourg et passe plus vite qu ’ ailleurs. Dès que le mois d ’ août est arrivé, le soleil se voile de nuages, les brises se rafraîchissent, le crépuscule lumineux des nuits d ’ été s ’ enfuit du ciel pour faire place aux ténèbres. Les ré ­ verbères qui avaient disparu dès le 1 er mai, reparaissent, précur ­ seurs des longues nuits 1 . Les îles se dépeuplent peu à peu; d ’ a ­ bord les petites maisons des villages , plus tard les grandes habitations; et, avant le mois d ’ octobre, sauf quelques rares retardataires, tous les champêtres habitants ont regagné leurs con ­ fortables et chaudes demeures de la ville. VII ENVIRONS l> E SAINT-PÉTERSBOURG. Palais de Plaisance. — Péterholî, route et château. — Fête du 1 er juillet. — Oranienbâum. Tsarskoé-Sélo, ses jardins. — Pawlovski et son parc. — Gatchina, etc. Saint-Pétersbourg se dépeuple littéralement pendant la belle saison. Cela se comprend. Dans une ville où l ’ hiver a près de huit 1 Le 1 er août.

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