Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

SIBÉRIE. 477 dont les limites respectives sont à peu près celles des bassins des trois grands fleuves. Tobolsk, chef-lieu du plus occidental de ces trois gouverne ­ ments, a été pendant longtemps considérée comme la capitale de toute la Sibérie ; mais cette ville voit chaque jour décroître son importance et augmenter celle d ’ Irkoutsk, sa rivale. Tobolsk est située sur la rive gauche de l ’ Irtich, vis-à-vis l ’ embouchure du Tobol, dont elle tire son nom ; agréable, bien bâtie et considérable encore, quoiqu ’ elle ne soit plus meme en Sibérie qu ’ une ville de second ordre, elle se divise en haute et basse ville. La ville haute est sur une colline, à l ’ orient de l ’ Irtich ; la ville basse est dans la plaine, entre la colline et la rivière ; elles sont reliées ensemble par des degrés au nombre de deux cents quatre-vingt-dix. De nombreux clochers, qui s ’ élèvent principalement dans la ville haute, donnent de loin à cette cité un aspect magnifique, qui m ’ en imposa aussitôt que je la découvris de la route. C ’ est dans le Kreml que s ’ élève le palais du gouverneur, grand édifice d ’ un assez bel effet; les rues sont larges et pavées en poutres ; les maisons, pro ­ pres et alignées, sont généralement en bois. En somme, Tobolsk, sans avoir rien de bien saillant, est cependant une jolie ville, sur ­ tout si on considère la latitude sous laquelle elle est placée. Chose merveilleuse, elle possède un théâtre où Kotzebue vit jouer ses pièces, et où M. Scribe pourra se procurer le plaisir de voir jouer les siennes, si jamais le hasard conduit en Sibérie cet illustre académicien. Nous eûmes, pour notre part, l ’ heureuse chance de voir sur ce théâtre la représentation du Mariage de Raison, et j ’ avoue qu ’ en dépit de la médiocrité des acteurs, je fus enchanté de retrouver, à une si grande distance de Paris, ce souvenir gra ­ cieux de la patrie absente. Bien moins ancienne que Tobolsk, la ville d ’ Irkoutsk n ’ était, à la fin du dix-septième siècle, qu ’ un petit fort palissadé, mais sa position avantageuse, à quinze lieues des bords du lac Baïkal, sur la rive de l ’ Angara supérieur, qui la partage en deux parties

RkJQdWJsaXNoZXIy MTY3OTQ2