Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854
446 VOYAGE EN RUSSIE. dite, la vieille Kieff et la ville de Podol, c ’ est-à-dire les maisons étendues au pied de la deuxième. Ces trois villes sont peuplées par cinquante-cinq mille habitants, une forte garnison et les nom breux pèlerins qui viennent chaque jour en caravanes prier dans les églises vénérées, visiter les catacombes, baiser les restes des martyrs, se prosterner sous les parvis de l ’ église bâtie par le grand Vladimir ! Jusqu ’ à présent on traversait le Dniéper sur un pont volant : la largeur du fleuve, son fond vaseux, ses inondations périodiques, avaient empêché qu ’ on n ’ y jetât un pont de pierre solide et per manent : cette œuvre vient d ’ être achevée. Depuis cinq ans les travaux duraient; un ingénieur anglais les dirigeait : le pont vient d ’ être inauguré, à la joie des habitants, qui désormais seront con stamment en possession des deux rives de leur fleuve. Un autre monument manquait à Kieff, c ’ était la statue de Vla dimir le Grand, mis au rang des saints par l ’ Église russe. Ce monument exécuté en bronze à Saint-Pétersbourg, par l ’ habile sculpteur le baron Clôt, le même qui a coulé les magnifiques che vaux du pont Anitchkoff ', vient d ’ être aussi inauguré récemment, aux acclamations de la foule empressée. Mais il est temps de visiter Kieff, c ’ est-à-dire, avant tout, la forteresse, puisque c ’ est ici que se trouve le fameux monastère, et que sous les fondements s ’ éten dent les célèbres catacombes... La forteresse porte le nom du monastère et s ’ appelle Pétchersk. On la nomme aussi le nouveau Fort. Elle est au sud et domine le Dniéper. Jadis cette forteresse était nécessaire pour protéger la ville : elle avait à résister aux peuples nomades, aux Tatars, aux Polonais. Aujourd ’ hui elle ne sert plus qu ’ à garder les grands souvenirs de la ville de Vladimir, et à lui donner cet aspect magnifique et hau tain qui sied si bien à son passé. Quand on a été le berceau d ’ un empire comme celui de Russie, qu ’ on est resté toujours glorieux 1 Voyez Saint-Pétersbourg, Aspect d ’ hiver, p. 71.
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