Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

382 VOYAGE EN RUSSIE. — Je ne vois pas quel rapport il peut y avoir... — C ’ est que, mon cher, si vous aviez joué et que vous eussiez perdu, le succès de notre course était assuré. — Mais puisque c ’ est vous qui la faites, et que je ne suis là qu ’ en simple amateur...? — C ’ est bien ce que je pense. — Donc à demain. — A demain. II Une visite du matin. — Intérieur ilu Caucase. — La forteresse de K ...... Le lendemain, avant huit heures du matin, un Cosaque était à ma porte. Il me remettait un fusil de chasse à deux coups et un paquet de munitions, accompagnés d ’ un petit flacon en osier et d ’ un billet du capitaine. « Voici le fusil que je vous ai promis, me disait-il ; il porte loin et juste. J ’ y ai joint des cartouches. Je vous envoie aussi un flacon très-nécessaire dans nos montagnes. Et à présent suivez le Cosaque, je vous attends pour déjeuner. » Je trouvai le jeune homme en costume de campagne : la tunique courte en drap de poil de chameau, sans épaulettes; une énorme cartouchière sur la poitrine; un large pantalon de drap gris, un long poignard à manche de buffle fixé à sa ceinture, et, sur un meuble, son sabre et son fusil. Pendant le déjeuner, qui se composa de viandes froides, de vieux madère et de café à la crème, je le priai de me dire enfin le but de cette excursion. C ’ est juste, me répondit-il, je dois vous dire aujourd ’ hui où nous allons. Et d ’ abord, vous saurez, mon cher touriste, qu ’ outre les forteresses importantes qui entourent le Caucase d ’ un cordon formidable, — je ne vous parle pas des Cosaques militairement

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