Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854
SAINT-PÉTERSBOURG. 27 rine IL C ’ est ensuite le long bâtiment de l ’ Université, qui ren fermait autrefois toute la haute administration (les douze col lèges); celui de l ’ Académie des sciences, et enfin la Bourse, qui s ’ élève au bout de File, en amont du fleuve, en face de la forte resse : c ’ est un des plus beaux édifices de Saint-Pétersbourg. On pourrait le prendre pour un immense temple grec dont quarante colonnes doriques décorent le pourtour, et que semblent garder, comme deux sentinelles avancées sur les bords de l ’ eau, deux phares jumeaux, semblables à deux grandes colonnes rostrales. Sur le côté opposé, celui qui regarde Vassili-Ostroff, se déroule le quai Anglais, avec la longue ligne de ses hôtels élégants, la bor dure de granit qui encaisse le fleuve et ses larges trottoirs, tou jours balayés et sablés comme pour une fête. Parmi ces hôtels, tous décorés de balcons de marbre comme des palais vénitiens, s ’ élève le fronton classique et la colonnade corinthienne du Musée Roumiantsoff, dont les feuilles d ’ acanthe donnent asile à une immense colonie de pigeons, volatiles fort respectés du peuple russe. Le quai aboutit au sénat, contre lequel s ’ adosse la belle de meure de feu madame la comtesse de Laval, petit chef-d ’ œuvre d ’ architecture moderne, et qui fut longtemps l ’ une des maisons les plus hospitalières de Saint-Pétersbourg, où l ’ hospitalité est si commune. Qu ’ il me soit donc permis , au sujet de cette maison, d ’ ouvrir ici une parenthèse. 11 L ’ hôtel Laval. En 1796, on put voir arriver à Riga, en modeste équipage , un jeune homme à la physionomie ouverte, au front intelligent, à la tournure distinguée: c ’ était un de ces nombreux gentilshommes
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