Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

340 VOYAGE EN RUSSIE. le jure, de fort bon vin; j ’ en ai goûté, et je puis affirmer qu ’ il n ’ est pas sans analogie avec notre meilleur champagne. On voit que les soins de l ’ industrie ne font pas négliger à la communauté ceux de la culture des terres; mais que je dise au ­ paravant que la culture de l ’ esprit n ’ y est pas négligée non plus. 11 y a à Sarepta une école primaire d ’ un enseignement parfait ; cet enseignement est assez avancé dans les hautes classes pour qu ’ il puisse en sortir des jeunes gens capables d ’ aller suivre les cours de l ’ université de Dorpat, et qu ’ on fait partir à cet effet aux frais de la caisse générale. Quant à l ’ agriculture, elle est l ’ objet des soins les plus intel ­ ligents. L ’ aménagement des terres est parfait; l ’ intelligence et l ’ activité dirigent tous les travaux des colons. Ils cultivent le blé. Les vastes prairies qui bordent la Sarpa leur permettaient d ’ élever des troupeaux, et ces troupeaux sont magnifiques. Le terrain au delà des prairies convenait au mûrier et à la vigne, ils cultivent le mûrier et la vigne 1 : j ’ ai dit que celle-ci produit un vin d ’ un goût analogue à notre champagne. Ce même terrain, aux bords de la rivière, était favorable au tabac, et il fut aussi ­ tôt préparé pour recevoir cette plante précieuse, qui y réussit à ravir. On découvrit ensuite dans les environs de la colonie des sources minérales qui, jusqu ’ à la découverte de celles du Caucase, attirèrent beaucoup de monde à Sarepta. La colonie eut cependant ses mauvais jours. Lors de la révolte des Cosaques du Jaïks, elle fut dévastée. Les soldats de Pougat- chefs s ’ y établirent et détruisirent ses établissements, et ceci au moment où les colons commençaient à recueillir le fruit de leur persévérance et de leurs travaux. La main qui avait favo ­ risé et protégé leur établissement ne les abandonna pas dans cette circonstance ; l'impératrice Catherine vint à leur secours et les indemnisa de leurs pertes. Des incendies arrivèrent en- ’ La vigne y fut introduite par M. Nitschmann, l ’ un des habitants les plus instruits de la colonie.

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