Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

SAMARA. 321 VIII SAMARA. ' ' : J - ■' . . Il est une grande et belle rivière, aux îlots limpides et abon ­ dants, qui prend sa source dans une chaîne de l ’ Oural, au sud du gouvernement d ’ Orenbourg 1 , près de cette ville même; elle dirige ses îlots vers l ’ ouest, traverse de vastes espaces, creuse son lit parmi des landes, des steppes, des plaines de sable, baigne en passant une pauvre ville fortifiée, Bouzoulouk, car la Russie garde et fait respecter jusqu ’ à ses déserts; reçoit une foule d ’ autres rivières qui grossissent ses eaux, et vient, après une course de plus de cinq cents verstes, se perdre dans le Volga, à l ’ extrémité orientale de la courbe qu ’ il trace avant de quitter le gouvernement de Simbirsk. Or, à l ’ angle septentrional formé par cette rivière du désert, à son point de jonction avec le grand fleuve, s ’ élève une ville, jadis modeste chef-lieu de district, aujourd ’ hui fière capitale de gouvernement; cette rivière, c ’ est la Samara; cette ville, est en ­ core Samara, car en Russie les rivières servent à nommer les villes qui s ’ élèvent à leur embouchure. Il y a des exceptions, mais elles sont rares. Samara était une sentinelle qui veillait sur le Volga et défendait son cours contre l ’ envahissement des Kirghiss. Contemporaine de Saratoff, dont il sera bientôt question, elle distrayait sa fac ­ tion solitaire, commencée en 1591, par les occupations du né ­ goce. Voisine des steppes kirghisses et kalmouques, elle trafiqua avec leurs peuplades nomades; elle portait tous les automnes ses poissons, son caviar et ses moutons, car elle a de vastes prairies ' s 1 11 est à remarquer qu ’ Orenbourg, qui a donné son nom au gouvernement, n ’ en est pas le chef-lieu, bien que le gouverneur de la province y ait établi sa résidence. Ce chef-lieu est Oufa, à cinq cents verstes au-dessus d ’ Orenbourg, au nord. 21

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