Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854
LE VOLGA. 261 vous de longs corps de bâtiments. Au milieu de la cour se trouvent deux anciennes églises, réunies extérieurement par des galeries fermées. Ici ont coule bien des larmes à 1 époque des invasions des Tatars et des Polonais, ici ont été chantés bien des Te Deum pour les princes de Nijni. L ’ histoire du monastère de Petchersk est simple : autrefois il fut riche, aujourd ’ hui il est pauvre. Il eut de nombreux donateurs, dont les noms sont inscrits aux liv i es du synode, pour qu ’ on n ’ oublie pas de prier pour eux : ses domaines ont actuellement passé en d ’ autres mains, et les généreux dona teurs ont disparu, les prières seules sont restées comme aupara vant. C ’ est ainsi que le couvent de Pétchersk, depuis le quatorzième siècle et le règne du grand prince Jean Kalita, ne s ’ est jamais mêlé des affaires du monde. On sait seulement qu ’ il a été dévasté et abandonné pendant l ’ invasion des iatars, et qu en 1596 il des cendit subitement de cinquante sagènes sur la pente de la mon tagne, ce qui fut regardé comme un présage funeste. Le tsar Michel Fédorovitch ordonna de faire consolider tout le bâtiment par de nouveaux et solides fondements. C ’ est presqu ’ au pied de la montagne où s ’ élève le couvent que se tient la foire; et le contraste de ce tableau est frappant. En bas, c ’ est la vie avec ses bruits, son mouvement, ses intérêts; en haut, la paix de la cellule. Là, l ’ inconstance, les craintes, les dangers, le combat des passions; ici, la paix de la conscience, la prière et le pardon. IV LE VOLGA. J ’ ai visité l ’ hiver dernier, à Saint-Pétersbourg, l ’ atelier de MM. Tchernetzoff frères, ces deux peintres voyageurs qui ont sacrifié plusieurs années de leur existence à l ’ étude de la nature, aux lieux les plus pittoresques de la vieille Asie et de l ’ Afrique
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