Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

254 VOYAGE EN RUSSIE. Un troisième monument, également témoin de ces terribles scènes, c ’ est la Porte d ’ or, bâtie à l ’ épreuve du temps par le prince André, le même qui éleva la cathédrale de l ’ Assomption ; il la nomma Porte d'or par je ne sais quelle raison, qu ’ on a en vain cherchée depuis. Reste encore une église, autrefois monastère, toujours de la même époque, et qui atteste comme les autres l ’ ancienne magni ­ ficence de Vladimir. J ’ avais été visiter ces vieux restes de la capitale de l ’ antique principauté, sans le prince Alexandre Alexandrovitch, mon com ­ pagnon de voyage. Je me hâtai donc de le rejoindre , et une heure plus tard nous reprenions notre route sur la belle chaus ­ sée de Nijni, toujours animée, toujours couverte de voitures, de fourgons, de trains de marchandises et de voyageurs. Vers le soir nous relayâmes à une petite ville située, à ce qu ’ il me parut, de la manière la plus pittoresque, sur la rive droite de la Kliazma, ici fort élevée, et voisine d ’ une autre ville qui semble lui donner la main du haut de la même rive escarpée, et où l ’ on distingue un ancien monastère : la première est Viasniky, et celle-ci ¥a- ropostche. Le reste de la route ne nous offrit plus rien qui méritât d ’ être remarqué. Je dis nous par manière d ’ acquit, car mon compagnon de voyage connaissait trop bien la contrée pour avoir quelque chose à y observer. Nous arrivâmes à Nijni-Novgorod vers le milieu du jour, et al ­ lâmes descendre sans façon chez des amis du prince, qui me reçurent moi-même comme une ancienne connaissance. C ’ est là un des traits caractéristiques de la vieille Russie. L ’ hospi ­ talité y est littéralement patriarcale 1 . 1 Ceci s ’ applique moins aux capitales. Saint-Pétersbourg aura même bientôt perdu le souvenir de ces bonnes antiques mœurs.

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