Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

152 VOYAGE EN RUSSIE. demie, elle m ’ eût transporté à Nicolsky, terre de madame L... Je fus reçu comme on reçoit en Russie, et surtout comme'on reçoit dans la famille L..., avec une cordialité facile, une hospi ­ talité naturelle et charmante. On m ’ assigna d ’ abord un apparte ­ ment, deux petites pièces commodes, élégantes et ouvertes à toutes les brises et à tous les parfums du jardin ; on m ’ indiqua le valet de chambre chargé plus spécialement de mon service, après quoi madame L... me dit : — Pour le reste, monsieur, vous êtes de la maison; vous partagerez donc notre vie telle que Dieu nous l ’ a faite. Le château de madame L... est un édifice de construction moderne, auquel il manque une aile que M. L..., pour le moment absent, avait l ’ intention de faire élever; d ’ ailleurs, telle qu ’ elle est, cette habitation est vaste, spacieuse et pourvue de toute l ’ élé ­ gance et de tout le confort désirable. Vaste rez-de-chaussée où se trouvaient, avec le cabinet de M. L..., une bibliothèque nombreuse presque toute française, une salle de billard, une salle de bain, le petit appartement que j ’ occupais, la lingerie, les cuisines et logements des gens. Le premier étage contenait, avec les salons, l ’ appartement des dames; et le deuxième était tout entier distribué en chambres à coucher destinées aux visiteurs. Il y en avait plus de vingt. Mais je n ’ ai rien dit des habitants de la maison. D ’ abord ma ­ dame L..., femme d ’ esprit et de cœur, qui s ’ était consacrée tout entière à l ’ éducation de ses filles, deux charmantes fleurs de quinze et de seize ans, qu ’ entouraient les soins les plus touchants. Ma ­ dame L... s ’ était donné pour auxiliaires une gouvernante fran ­ çaise, une dame de compagnie anglaise et un maître de musique allemand. 11 y avait un fils, jeune enfant d ’ une huitaine d ’ années, et qui était aux mains d ’ un précepteur français. Une vingtaine de domestiques étaient chargés du service de la maison, qui se faisait avec une telle régularité qu ’ on eût pu se

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