Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854
LA FINLANDE. 123 et aperçus deux énormes loups qui nous escortaient en courant. — N ’ ayez pas peur, me cria le cocher ; et il se remit à haranguer ses coursiers ni plus ni moins qu ’ un ancien héros au siège de Troie. Les chevaux, comme s ’ ils l ’ avaient compris, pressèrent encore leur galop. — Si nous faisions arrêter un instant pour donner l ’ assaut à ces deux importuns, dis-je à mon compagnon, j ’ ai là d ’ excellents pistolets. — Gardons-nous-en bien... nous serions bientôt entourés d'une meute entière; d ’ ailleurs nous approchons du relais. — Et serons-nous escortés de la même manière pendant toute la nuit?... — Cela pourrait arriver... — Et vous dites qu ’ il n ’ y a pas de danger?. .. — A moins qu ’ un cheval ne s ’ abatte, ou que nous ne versions. — Ce qui peut parfaitement arriver pendant la nuit. — Je n ’ en disconviens pas. Mais nous prendrons des rensei gnements à ces stations, et selon ce qu ’ on nous dira nous pourrons y passer la nuit. — Je vous avoue que j ’ aime encore mieux braver un danger que de reculer devant la crainte d ’ y succomber. — Je ferai absolument ce que vous voudrez. A ce moment un des loups qui nous suivait ayant doublé le pas, dépassa delà moitié du corps la kibitka... Je ne pus résister au désir de lui loger une balle dans les côtes. Et, armant un pistolet , je fis feu sur lui. Il poussa un horrible cri et s ’ arrêta. — Il est blessé, me dit mon voisin, regardez maintenant ce qui arrive. Je mis la tête hors du traîneau, et je vis le blessé par terre, en touré d ’ une dizaine de loups qui lui montraient les dents. — Ils vont le dévorer, me dit mon compagnon, auquel je fis part de cette circonstance. Et puis croyez aux proverbes, après cela, répondis-je. Nous arrivâmes au relai et repartîmes bravement après avoir bu le verre
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