Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

LA FINLANDE. 115 du lac d'où sort cette rivière qui, elle-même, a baptisé la ville. Sou cours, d ’ environ cent kilomètres, est torrentueux et semé d ’ écueils qui sembleraient en interdire la navigation; des barques chargées des produits de l ’ intérieur 1 les franchissent cependant avec hardiesse. Autrefois Uléaborg, qui compte six mille habitants, était peut-être la plus importante ville maritime de Finlande; mais, grâce à sa proximité de Saint-Pétersbourg, Viborg lui a ravi cet avan ­ tage 2 . T ornéo . — J ’ étais blasé de forêts, de lacs, de rivières, de cata ­ ractes, de points de vue aquatiques; Tornéo a cependant réveillé tout mon intérêt. Me voici donc au bout du monde civilisé, et dans la dernière ville européenne du Nord. Au delà, des haltes de Lapons; au delà, la mer Glaciale; au delà, le pôle. Le premier souvenir que m ’ a rappelé Tornéo est un souvenir français, celui de notre poète Regnard, et pourtant j ’ ai négligé d ’ aller visiter le rocher où il inscrivit le célèbre distique latin qu ’ on connaît. Je compris qu ’ il eût dit : « Et nous ne nous sommes arrêtés que là où la terre a manqué à nos pas. » Où aller, en effet, au delà de Tornéo? La Tornéa, qui lui a donné son nom, est une large et limpide rivière, aux berges pittoresques, qui sert de ligne de démarcation entre la Finlande, désormais province russe, et la Suède, qui s ’ en est dépouillée. Mais il fallut monter dans une embarcation pour parvenir à Tornéo, qui est construit dans une île, presque à F em ­ bouchure même de la rivière, dont un bras la sépare de la rive suédoise, où se montre une autre cité. Celle-ci, encore jeune, ne date que de l ’ époque de la réunion de la Finlande à la Russie. 1 De la résine, du goudron, des planches. s Le Grand-Duché en compte dix-huit : douze sur le golfe de Bothnie et six sur celui de Finlande.

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