Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854
LA FINLANDE. 111 mort. Mais le malheureux père crut son fils dévoré, et il se livrait au désespoir, lorsque des cris partis du lac apprirent qu ’ il était encore vivant. Ric-jer s ’ était accroché à un arbuste qui croissait dans une fente de granit et dont les branches flottaient sur l ’ eau. Il attendit en grelottant que son père vînt le délivrer avec une barque. Dès qu ’ il le vit arriver : — Mon père, s ’ écria-t-il, vous ne direz rien à manière du plon geon que j ’ ai fait. XV Mauvais temps. — Changement d ’ itinéraire. — Direction sur Helsingfors. — Cette ville. Le lendemain de ce jour, une rude tempête souleva les eaux du Saïma. Le ciel était couvert de nuages, le vent soufflait avec violence du nord-est, il était glacial. Si nous n ’ avions pas aperçu la verdure des champs, nous aurions pu nous croire au mois de novembre. Ce temps nous découragea; d ’ ailleurs, pensâmes-nous, nous avons vu de la Finlande sa physionomie la plus pittoresque, elle ne saurait plus que se répéter. Nous ouvrîmes incontinent notre carte topographique, et cher châmes la route la plus directe pour atteindre Helsingfors. Je lis sur mon journal, dont je vais transcrire quelques notes arides : Kotkopro, — Jokkas, — Kunitilimaki, — Saint-Michel, — Risca, — Heinola, — Mantsala. Rien de nouveau. Le ciel toujours chargé denuages, le vent tou jours glacé, la nature toujours voilée. Les rares habitants que nous rencontrons sont enveloppés de fourrures, et paraissent fort habi tués à cette température. Avant Mantsala, le temps s ’ est remis au beau. Nous traversions une large forêt fort pittoresquement acci dentée. Un ours d ’ une taille énorme s ’ est présenté tout à coup à nos regards ; il suivait gravement un côté de la route, bordée en cet endroit de hauts genévriers. Les chevaux de notre télègue se
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