Baye J. d., De Penza a Minoussinsk. souvenirs d'une mission. extr. de la Revue de geographie-1898

16 DE PENZA A MINOUSSINSK colons doivent demeurer dans leurs cantonnements et conserver les terres où ils se trouvent. De plus, bien que les^Ssaks n ’ aient pas droit à une si grande étendue de terrain, l ’ empereur remplace ce que les colons leur ont enlevé par une égale quantité de terres appartenant à son cabinet. Vous savez que ces régions de l ’ Altaï sont la propriété du cabinet impérial. Voilà un fait intéressant et une manière d ’ arranger les choses à la satisfaction de tous. M. Ouchakoff est très au courant de l ’ intéressante question de la colonisation. En -1897, 70,000 colons sont passés en Sibérie. L ’ année précé dente leur nombre était de 180,000. Cette diminution a été voulue. En effet, les paysans avaient été prévenus que les terres vers les quelles ils voulaient émigrer n ’ étaient pas encore préparées, c ’ est- à-dire que l ’ on n ’ avait pas encore étudié les régions pouvant con venir plutôt aux gens de telle ou telle provenance, de façon à diri ger les émigrants vers des contrées ressemblant par le sol et le cli mat aux pays qu ’ ils allaient quitter. Ce travail préparatoire n ’ est pas assez avancé pour que la colonisation sur une grande échelle puisse s ’ opérer utilement. Le ministère de l ’ intérieur a instruit les paysans en répandant certaines publications de nature à les éclai rer. Cette mesure s ’ imposait, car la croyance s ’ était vulgarisée parmi eux que la Sibérie est un pays privilégié où l ’ on parvient aisément, où l ’ on vit sans difficultés, où coulent des fleuves de lait. D ’ autres croyances, non moins trompeuses, couraient les cam pagnes. ■ On m ’ a signalé, comme ayant précédé de quelques jours mon pas sage (12 août), des trains de colons comprenant cinq familles de Bulgares, des Petits-Russiens, des Mordvines et aussi des Finnois de la mer Baltique. 11 semble que, par un reflux, l ’ Asie reçoive, après des siècles, les descendants des populations qui jadis avaient débordé sur l ’ Europe. En 1896, on a distribué plus d ’ un million de roubles aux colons, sans compter les dépenses supplémentaires consistant en repas donnés à certaines stations, en envois de médecins, de fonction naires chargés dans les grandes stations de veiller aux convois d ’ émigrés. Ces dépenses ont coûté un autre million. M. Archipolf est un de ceux qui se soient le plus distingués dans la direction de la colonisation à laquelle il s ’ est voué depuis 1884. Il en connaît la statistique mieux que personne. Il résidait à Tiou- i ' d ’ t.

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