Baye J. d., De Penza a Minoussinsk. souvenirs d'une mission. extr. de la Revue de geographie-1898

U DE PENZA A MINOUSSINSK d’ être punis. Mais, chaque année, l ’ empereur promulgue un ukase en faveur des colons se rendant secrètement en Sibérie. Le paysan russe aime à posséder le plus possible de terre. Dans le gouvernement de Penza, il ne jouit que de 3 décitines, tandis qu ’ en Sibérie il en reçoit 15. Du 1 er janvier 4895 au 4" juillet 1897, 5,829 familles ont émigré du gouvernement de Penza avec autorisation. Les Mordvines font d’ excellents colons, ils exécutent avec une grande énergie des travaux fort pénibles. Lorsqu ’ on commande à un Russe une corvée trop dure, s ’ il la juge au-dessus de ses forces il répond : « Mais tu demandes de moi un travail de Mordvine. » Le petit séjour que je fis à Ekaterinbourg dans la demeure hos pitalière de M. Clerc, secrétaire général de la Société ouralienne des amis des sciences, me permit d ’ admirer le nouveau classement du musée de cette compagnie et d ’ étudier spécialement les anti quités récemment exhumées des tourbières du lac Chighir. J ’ ai voulu retourner dans cette localité pour augmenter les collections rapportées l ’ an dernier 1 . Celte fois, j ’ ai été assez heureux pour y découvir une idole en bois, quelques objets archéologiques et y faire surtout une ample moisson d ’ ossements d ’ animaux qui per mettront de déterminer la faune de ce gisement. Près du lac Chighir, à 8 verstes de Verkh-Neyvinsk, se dressent sept rochers nommés les Sept Frères. D ’ après la légende, lorsque Yermak, le conquérant de la Sibérie, se trouvait dans l ’ Oural, sept de ses frères voulurent lui barrer le passage; alors il leva la croix et les sept frères devinrent des rochers. D ’ après la même légende, la nuit on entend battre le cœur des sept frères. Mais poursuivons notre route. Par un heureux hasard,.j ’ ai fait le voyage de Tchéliabinsk à Omsk sur le Transsibérien, avec M. Basile Ouchakoff, chargé de mission par l ’ empereur; mission très agréable à remplir, comme vous allez le voir. M. Ouchakoff se rendait à Bisk, au pied de la chaîne des monts Altaï. Vingt-deux villages cosaks sont installés au sud de Barnaoul, dans le district de Bisk. Des terres exemptes d ’ impôt avaient été concédées gratuitement à ces Cosaks. Ils s ’ étaient taillé de belles parts et jouissaient d ’ environ 100 déci tines par homme. Ils ont d ’ abord attiré des colons comme loca- 1. J ’ ai offert les séries que j ’ ai découvertes en 1895 et en 1896, dans les tourbières du lac Chighir, au Muséum d ’ histoire naturelle.

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