Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

534 VOYAGE EN RUSSIE. — De la Sibérie. — Ah! — Et sans doute vous avez rapporté de ce pays de l ’ or, force poudre et force lingots. — Mais pas mal; et vous-même, ajouta-t-il d ’ un air nar ­ quois, qu ’ apportez-vous de la Sibérie? — Moi, j ’ ai visité dans le cours démon long voyage bien des hommes et bien des climats. J ’ ai trouvé sous toutes les latitudes l ’ homme faible, misérable, et du berceau à la tombe triste jouet du destin et de ses propres passions. J ’ ai admiré partout, même sous le ciel du pôle, la grandeur et la magnificence de la nature, et je rapporte de mes voyages une conviction profonde delà gran ­ deur de Dieu et de mon propre néant. N ’ aurais-je point trouvé en Sibérie mieux que vous en Californie? Là-dessus nous nous quittâmes, et c ’ est également ici que je me séparerai du lecteur en lui laissant à méditer cette pensée qui est à elle seule toute la morale et toute la philosophie de ce petit livre. FIN.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTY3OTQ2