Saint-Julien C. d., Voyage pittoresque en Russie. suivi d’un Voyage en Siberie par R. Bourdier-1854

KIRGHISS. ’ 353 des talons très-élevés , la semelle garnie de clous ou entourée de plaques de fer, aussi marchent-ils peu. Les Kirghiss sont toujours à cheval. Leur figure garde le type de leur race. Jeunes, ils sont assez bien, mais avec l ’ âge ils deviennent d ’ autant plus hideux, qu ’ ils sont alors généralement déformés par l ’ embonpoint. Les femmes portent de longs pantalons par-dessus lesquels tombe une longue chemise de toile bleue fermée par devant et dans les grandes occasions, sur celle-ci, une tunique de soie. Elles s ’ entourent les jambes débandés d ’ étoffe, et se mettent des chaus ­ sons. Leur coiffure est fort compliquée : elle se compose de mou ­ choirs de coton bleu ou de couleur, longs de plusieurs mètres, avec lesquels elles savent se faire sur la tête des édifices fort bi ­ zarres. Les Kirghiss sont mahométans : ils ont donc autant de femmes qu ’ ils peuvent en acheter ou en enlever, aussi doivent-ils à ces enlèvements quelques modifications favorables dans le type de leur physionomie. On peut évaluer à quinze ou dix-huit mille le nombre des tentes kirghisses, qui forment des villages nomades entre l ’ Oural et le Volga *. Peuple à demi-soumis, toujours à craindre pour ses coups de main isolés, mais jamais redoutable sérieusement, les Kirghiss sont utiles au commerce de la Russie et peuplent d ’ une manière fort pittoresque les vastes steppes qui leur sont aban ­ donnés. Leur langue diffère peu du tatare; seulement ils ont la pronon ­ ciation plus forte et le tour de phrase plus allégorique. 1 Chaque tente peut contenir vingt personnes. 23

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